(Zonebourse.com) - Les résultats du 11ème Baromètre de l'AFFO (Association Française du Family Office) en partenariat avec EY montrent que les Family Offices et les familles qu'ils accompagnent font preuve d'une forte capacité d'adaptation dans un environnement marqué par les risques macroéconomiques, les tensions géopolitiques et les incertitudes politiques et fiscales.
Ce baromètre dresse un état des lieux des tendances observées en 2025 et des perspectives pour 2026, sur la base d'interviews menées entre le 5 mars et le 5 mai 2026.
Réalisée auprès de Family Offices représentant 928 familles, dont près de la moitié gèrent plus de 500 millions d'euros d'actifs sous gestion dont un tiers plus d'un 1 MdEUR, l'étude révèle que, malgré un contexte plus complexe, les investisseurs maintiennent leurs engagements et adaptent leurs stratégies. Plus sélectifs, plus diversifiés et plus exigeants, ils poursuivent leur engagement dans l'économie réelle et leur stratégie de création de valeur de long terme.
Géopolitique, fiscalité : des préoccupations croissantes
En 2026, si les facteurs macroéconomiques demeurent les principaux moteurs des décisions d'investissement (88%), les tensions géopolitiques (73%) et les incertitudes politiques et fiscales (71%) s'imposent également comme des déterminants majeurs des stratégies d'allocation. Si 65% des répondants considèrent encore 2026 comme une année porteuse d'opportunités, la forte progression des préoccupations géopolitiques observée en 2025 ( 10 points) témoigne d'une attention croissante portée aux équilibres internationaux et à leurs conséquences sur l'activité économique.
La multiplication des conflits et l'utilisation croissante des dépendances économiques, technologiques ou énergétiques comme instruments de puissance renforcent cette vigilance. Dans le même temps, le manque de visibilité lié aux incertitudes politiques, fiscales et réglementaires apparaît comme un frein croissant aux décisions d'investissement et au développement des activités.
Pour autant, cette instabilité ne freine pas les investissements. Elle conduit les familles à renforcer leur sélectivité, à privilégier les modèles économiques les plus solides et à rechercher un meilleur équilibre entre création de valeur, diversification et maîtrise des risques. Cette approche s'accompagne d'une volonté affirmée de contribuer à la transformation de l'économie : 70% des répondants mettent en avant l'investissement dans les entreprises locales, 48% leur implication dans leur transformation, 26% le financement de projets innovants et 26% ( 10 points) le soutien à des initiatives philanthropiques. Elle se traduit également par un attachement durable au private equity, qui demeure le principal vecteur d'investissement dans l'économie réelle et la première classe d'actifs des portefeuilles des familles.
En 2025, le private equity reste la première classe d'actifs dans des portefeuilles plus diversifiés
Le private equity demeure la première classe d'actifs des portefeuilles des familles malgré un rééquilibrage progressif des allocations. Représentant 34% des portefeuilles, il devance les actions cotées (23%), l'immobilier d'investissement (16%), les obligations (12%), les liquidités (8%) et les classes alternatives (7%).
En 2025, 48% des Family Offices et les familles qu'ils accompagnent ont maintenu leur niveau d'investissement et 36% l'ont augmenté, en recul de 6 points sur un an. Dans le même temps, les allocations se réorientent progressivement vers l'Europe ( 8 points), au détriment des investissements hors Europe (-28 points), traduisant une préférence pour des environnements perçus comme plus stables.
Le private equity représente 34% des allocations des Family Offices en 2025, réparties entre l'investissement direct (14%) et l'investissement via des fonds (20%). Bien qu'en léger recul de 3,5% par rapport à l'année précédente, il demeure la première classe d'actifs des familles. Les investissements via des fonds progressent fortement ( 10 points) tandis que les investissements réalisés en direct reculent de 14 points.
Les perspectives pour 2026 demeurent favorables, une majorité des répondants (70%) anticipant une stabilité ou une progression de cette classe d'actifs. Cette dynamique s'accompagne d'un engagement toujours marqué en faveur des PME (45%) et des ETI (36%), confirmant le rôle des Family Offices et des familles dans le financement et l'accompagnement des entreprises sur le long terme.
Les stratégies de private equity se concentrent majoritairement sur les phases de développement des entreprises. Le capital développement domine largement les allocations (71%), suivi des stratégies de growth (58%). Ce positionnement reflète une recherche d'équilibre entre potentiel de création de valeur et maîtrise du risque. Les Family Offices et les familles qu'ils accompagnent privilégient ainsi les entreprises déjà établies, structurées disposant de leviers de croissance significatifs plutôt que les investissements les plus précoces, jugés moins lisibles dans le contexte actuel.
Les actions cotées regagnent du terrain
Les actions cotées représentent 23% des allocations des Family Offices, en progression de 5,7 points par rapport à l'année précédente. Cette hausse est principalement portée par les investissements réalisés via des fonds, qui atteignent 11% des allocations ( 6,1 points), tandis que les investissements directs demeurent globalement stables à 12% (-0,4 point). Cette progression confirme le retour des actions cotées dans les stratégies d'investissement des familles.
Pour 2026, les perspectives restent positives, la majorité des répondants ( 80%) anticipant une stabilité ou une progression de leur exposition aux marchés actions.
L'immobilier confirme son redressement
L'immobilier d'investissement représente 16% des allocations en 2025, en progression de plus de 3 points par rapport à l'année précédente. Après un recul marqué en 2024, dans un contexte de hausse des taux d'intérêt, cette classe d'actifs retrouve progressivement son attractivité, confirmant les perspectives de stabilisation et de reprise anticipées par les investisseurs.
Les perspectives pour 2026 confirment cette tendance, avec environ 60% d'investisseurs anticipant une stabilisation ou une progression de leurs investissements immobiliers.
Les obligations poursuivent leur remontée
Les obligations représentent 12% des allocations des Family Offices et poursuivent leur progression par rapport à l'année précédente.
Pour 2026, les investisseurs privilégient majoritairement la stabilité de leur exposition obligataire tout en conservant un intérêt marqué pour cette classe d'actifs.
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